
En cabinet, nous rencontrons souvent des personnes qui se sentent « prisonnières » de relations où elles donnent tout, jusqu’à s’oublier. Derrière ce vécu, il y a souvent ce que la psychologie appelle des schémas précoces inadaptés (Young, 1990). Ces schémas sont comme des lunettes invisibles qui influencent la façon dont nous percevons les autres, et dont nous réagissons dans nos relations.
Comprendre ces schémas est une étape clé pour sortir de la dépendance affective.
Dans nos accompagnements, trois schémas reviennent souvent :
Abandon / Instabilité : peur constante que l’autre parte, d’où une dépendance excessive.
Sous-jugement de soi : impression de ne jamais être « assez bien », qui pousse à chercher la validation extérieure.
Assujettissement : tendance à se conformer aux attentes de l’autre par peur de déplaire.
En cabinet, nous voyons à quel point ces schémas créent des cercles vicieux : plus la peur de perdre augmente, plus la personne s’efface… et plus la relation devient déséquilibrée.
Identifier son schéma dominant
Tenir un journal des situations où vous vous sentez en insécurité relationnelle peut déjà aider à repérer le schéma sous-jacent.
Mettre en place des contre-actions
Par exemple, si votre réflexe est de dire « oui » pour éviter le conflit, essayez de commencer par de petites affirmations de vos besoins.
S’appuyer sur des exercices guidés
En séance, nous utilisons des techniques issues de la thérapie des schémas (Young et al., 2003) et de la thérapie cognitivo-comportementale (Beck, 2011). Cela permet d’apprendre à reconnaître et à « challenger » les pensées automatiques liées au schéma.
Nous avons accompagné une patiente qui, depuis des années, se pliait aux attentes de son conjoint par peur de le perdre. En travaillant progressivement sur son schéma d’abandon, elle a appris à poser des limites et à exprimer ses besoins.
Le changement n’a pas été immédiat, mais aujourd’hui, elle décrit un sentiment nouveau : « Je me sens à la fois plus respectée, et paradoxalement plus proche de lui. »
Sortir de la dépendance affective, ce n’est pas « devenir indifférent », mais apprendre à construire des relations plus justes, où chacun trouve sa place. Comprendre ses schémas est le premier pas vers ce nouvel équilibre.
Arntz & Jacob (2013) ont montré que la thérapie des schémas est particulièrement efficace pour réduire la sévérité des schémas d’abandon et de dépendance affective, en aidant à restaurer une image de soi plus stable.
Young, J. E., Klosko, J. S., & Weishaar, M. E. (2003). Schema Therapy: A Practitioner’s Guide. Guilford Press.
Beck, J. S. (2011). Cognitive Behavior Therapy: Basics and Beyond. Guilford Press.
Arntz, A., & Jacob, G. (2013). Schema Therapy in Practice: An Introductory Guide to the Schema Mode Approach. Wiley-Blackwell.
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Psychologue passionné par la psychologie sociale et la régulation émotionnelle, il accompagne depuis plusieurs années des patients vers un mieux-être. Il est aussi préparateur mental d'athlètes de haut niveau.